Bartók 2nd Violin Concerto with Kent Nagano and the Orchestre Symphonique de Montréal

Une interprétation à la fois spontanée et intense, une présence, une énergie, une autorité intacte (DIAPASON).

Au Festival de Pâques de Deauville, Augustin Dumay jouait il y a quelques semaines le Concerto KV216 de Mozart sous la direction de Marc Minskowski. A soixante-sept ans, il montrait l’autorité, l’élan et la technique affûtée d’un quarantenaire – une permanence que ses pairs saluent avec admiration, à commencer par Gidon Kremer.

Une interprétation à la fois spontanée et intense, une présence, une énergie, une autorité intacte (DIAPASON).
Au Festival de Pâques de Deauville, Augustin Dumay jouait il y a quelques semaines le Concerto KV216 de Mozart sous la direction de Marc Minskowski. A soixante-sept ans, il montrait l’autorité, l’élan et la technique affûtée d’un quarantenaire – une permanence que ses pairs saluent avec admiration, à commencer par Gidon Kremer. Le voici, enregistré en public en 2015, affrontant pour la première fois au disque un monstre exigeant, le Concerto pour violon n°2 de Bartók. C’est bien le même sentiment que nous inspire son exécution : une présence, une énergie, une autorité intacte dans la prise d’archet, l’articulation, les contrastes (écoutez à partir de 7’18 dans l’Allegro non troppo). Et un rubato subtil dans les enchaînements, une éloquence lyrique vibrante dans les passages élégiaques. Sa sonorité à la fois raffinée et vigoureuse suscite le dialogue avec le chef et entraîne l’orchestre à sa suite.
La liberté expressive est totale dans l’Andante, pas toujours aussi tranquillo que son intitule l’indique. Les longues phrases sont charnues dans les graves, les trilles vibrants et assurés. On est frappé par la justesse organique des phrases, la correspondance intérieure entre passages animés et réflexions élégiaques. Tout concourt à l’élaboration d’une interprétation à la fois spontanée et intense, qui épouse naturellement – sans faiblir ni se perdre dans la durée – le rhapsodisme de ce chef-d’œuvre complexe.
Diapason, Rémi Louis, juillet 2016